Rencontre avec Cécile Hagmann, Directrice Générale de La Coop Foncière

La Coop Foncière et Coopimmo : 2 partenaires à la recherche permanente de l’efficacité sociale.

Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots ce qu’est La Coop Foncière

La Coop foncière est un organisme de foncier solidaire qui intervient sur le territoire régional d’Ile-de-France. C’est donc une foncière qui a pour mission d’acheter des fonciers et de les porter dans le temps long et de veiller à ce que sur ces fonciers on produise des logements en accession sociale à la propriété et en tout cas destiné à des ménages sous plafond de ressources. Nous avons une approche résolument tournée vers l’acquéreur. Produire le meilleur logement, au meilleur prix, pour toucher le public aujourd’hui potentiellement le plus éloigné de l’accession à la propriété. Nous avons donc une vision des logements que nous construisons qui est une vision assez exigeante en matière de qualité et en termes d’efficacité sociale.

Quel est votre mode opératoire ?

Notre mission sous-jacente en tant qu’OFS est de lutter contre la spéculation, en immobilisant les fonciers dans leurs valeurs pour pouvoir proposer des logements à terme à des prix encadrés et limités, y compris au fur et à mesure des reventes successives, ce qui est la grande innovation du mécanisme OFS/BRS. En effet difficile de parler d’OFS sans évoquer le BRS, Bail Réel et Solidaire qui est un dispositif à la main des OFS. En tant qu’OFS nous pouvons porter d’autres projets, mais par contre pas de BRS sans OFS. Le BRS est un mécanisme extrêmement innovant qui repose sur une dissociation de la propriété. L’OFS restant propriétaire du foncier et cédant ses droits sur les logements aux ménages. Un moyen de contrôler les prix et l’éligibilité au dispositif.

Qu’est-ce qui différencie La Coop Foncière d’autres OFS ?

Nous sommes un OFS mais un OFS coopératif ce qui a une valeur particulière. Nous sommes une coopérative d’inspiration HLM qui a été créée par d’autres coopératives, des coopératives HLM qui avaient comme objectifs de diffuser largement l’accession sociale en Ile-de-France. La valeur coopérative, c’est travailler ensemble, faire ensemble, promouvoir ensemble un produit et des valeurs. Nous travaillons avec des opérateurs HLM, avec des collectivités qui peuvent être dans le sociétariat de la coopérative. On travaille dans le cadre des valeurs de l’économie sociale et solidaire, tous les ménages qui achètent nos produits deviennent sociétaires de notre coopérative et entrent dans le sociétariat de la structure. Nous associons donc toutes les parties prenantes. La ville qui va accueillir le projet, l’opérateur qui va construire le projet, l’OFS qui achète le foncier et le ménage qui va acquérir le logement. C’est un élément différenciant fort dans l’écosystème très dense des OFS : notre transversalité et notre capacité à mettre au service de toutes les parties prenantes un outil déjà fonctionnel.

Quelles relations entretenez-vous avec COOPIMMO ?

Coopimmo est l’un de nos fondateurs historiques. C’est Coopimmo qui occupe d’ailleurs la présidence de notre gouvernance. C’est un opérateur essentiel dans l’initiative de sa création et essentiel aujourd’hui dans son activité. Nous avons 48 opérations engagées ce qui représente environ 1.200 logements portés par 24 acteurs. Coopimmo représente 30% de notre flux d’activité soit à peu près 350 logements. C’est un acteur historique de l’accession sociale avec une exigence très forte sur les produits et leur efficacité sociale et qui a décidé d’orienter très largement sa production en faisant levier sur le BRS. Nous avons donc une grande proximité dans notre façon de penser notre intervention et le développement d’un marché de BRS en Ile-de-France.

Et avec les collectivités ?

Nous avons aujourd’hui un collège de collectivités qui s’étoffe. La Coop Foncière, aujourd’hui c’est 24 opérateurs et 6 collectivités. D’autres collectivités vont bientôt nous rejoindre. Une dynamique qui s’est créée grâce à une meilleure compréhension de ce qu’est le BRS. Les collectivités expriment également de l’intérêt à développer un parc de logements en bail réel solidaire en s’inscrivant dans un temps long de constitution d’un parc d’accession sociale. Enfin le montage, La Coop Foncière / Coopérative HLM devient une référence en la matière.

Le mot de la fin ?

Nous ne devons jamais perdre de vue pour qui nous travaillons, à qui nos produits sont destinés, qui nous voulons loger !

 

Coopimmo et le développement de son OFS La Coop Foncière

En Île-de-France, seuls 45% des habitants sont propriétaires de leur logement. Afin de lutter contre cette accession à la propriété à deux vitesses, Coopimmo a renforcé le développement de son OFS coopératif, La Coop Foncière. Créée en 2017 à l’initiative des Coop HLM d’Île-de-France, elle intervient aujourd’hui sur 8 départements et 36 communes. Découvrez l’ambition et les actions menées par cet opérateur francilien majeur de l’accession sociale.

Un organisme foncier solidaire (OFS) est nécessaire au développement du bail réel solidaire (BRS), un dispositif d’accession sociale à la propriété qui repose sur la dissociation du foncier et du bâti. Les ménages sous plafond de ressources accèdent ainsi à la propriété grâce à un prix inférieur de 35% au cours du marché et une redevance mensuelle modérée versée à l’OFS. En plus de contribuer à une facilitation de l’accession, le dispositif OFS-BRS permet de développer durablement une offre de logements abordables dans les territoires tendus.

La Coop Foncière a récemment franchi la barre des 1 200 logements engagés en BRS et annoncé une augmentation des acquisitions foncières et des livraisons au cours de l’année 2022. L’organisme a pour ambition d’atteindre une production annuelle de 1 000 logements en Île-de-France d’ici 2030, couvrant ainsi la moitié du potentiel annuel de développement des BRS dans la Région. Cette année, 474 nouveaux logements accessibles ont ainsi été engagés par la Coop Foncière, pour une livraison prévue en 2026. L’OFS a également acquis une quinzaine de fonciers destinés à accueillir 320 logements. Depuis sa création, le portefeuille de La Coop Foncière compte 1 200 logements engagés et 48 opérations proposées.

 

Rencontre avec Romain Marchand, 1er adjoint au Maire d’Ivry-sur-Seine en charge de l’urbanisme

Comment est constitué le tissu d’habitations de la ville d’Ivry ?

Nous avons sur le territoire de la commune, 40% de logements sociaux. Dans les 60% de logements privés, la moitié sont occupés par leurs propriétaires et l’autre par des locataires. La situation du parc de logements sociaux est assez bonne avec des logements de bonne qualité et en centre-ville un patrimoine architectural remarquable. Les bailleurs et en particulier la Coop Ivry Habitat qui est le principal bailleur de la ville ont engagé des plans pluri annuels de rénovation de l’habitat importants mais qui ne vont pas assez vite du point de vue de la rénovation thermique notamment faute de moyens. Nous essayons également d’accompagner les copropriétés dans des opérations d’amélioration de l’habitat en particulier en matière énergétique comme nous le faisons avec la copropriété Raspail.

Quelle est la vision de l’accession à la propriété qui est portée par la ville d’Ivry ?

La ville d’Ivry a un engagement qui est historique en faveur de l’accès au logement pour le plus grand nombre. Un engagement qui se matérialise bien entendu en premier lieu par l’accès au logement social qui reste la modalité principale pour les 78% des Français dont les ressources les rendent éligibles au logement social. Il y a aussi une part d’accession sociale. Globalement sur la ville d’Ivry, nos opérations sont articulées autour de 40% de logement social et 60% d’accession à la propriété avec des dispositifs qui s’adressent aux ménages les plus modestes via le PSLA comme c’est le cas sur le projet Pioline. Historiquement nous avions une politique de prix maitrisés sur la commune avec des prix en dessous du marché pour une partie des logements de chaque programme de façon à faciliter l’accession à la propriété pour les ménages écartés du marché de l’immobilier classique. Nous explorons une troisième voie avec le BRS puisque nous sommes sociétaires de la Coop Foncière. Nous sommes engagés avec Coopimmo dans un premier projet en BRS sur lequel nous espérons proposer des prix d’accession bas et un engagement anti spéculatif sur le long terme grâce aux modalités du BRS.

Qui dit BRS dit foncier maitrisé, qu’elles sont les opportunités dont dispose la Ville d’Ivry en la matière ?

Nous avons à Ivry un foncier anciennement industriel très important dans le quartier Ivry Port entre la Seine et la voie ferrée. Nous sommes en train de nous organiser pour le maitriser. Nous avons l’une des plus grande Zac d’Ile-de-France avec la Zac Ivry Confluences aménagée par SADEV 94 dans laquelle Coopimmo a d’ailleurs des opérations de construction programmées en accession sociale à la propriété de manière globale et en BRS bien sûr. Nous avons donc la capacité d’en maitriser la destination.

Vous avez des relations de proximité avec des acteurs majeurs de l’accession sociale qui ont une approche coopérative, pourquoi ce choix ?

C’est avant tout une question de valeurs partagées. On aime travailler avec des opérateurs qui considèrent comme nous que la ville ne doit pas être réservé qu’à quelque uns. A Ivry notre leitmotiv c’est rester une ville populaire aux portes de la capitale avec du logement de qualité accessible au plus grand nombre comme le produit Coopimmo.

Première pierre de la cité Auguste Pioline à Ivry-sur-Seine en mai 2022

Un nouveau chantier d’accession sociale est né à Ivry-sur-Seine, à 2 minutes de la gare RER. Le 30 mai dernier, la première pierre de la Cité Auguste Pioline a été posée par les équipes de Bouygues Bâtiment Île-de-France, en présence notamment de Philippe Bouyssou, Maire de la ville et président de la Coop’Ivry Habitat.

Imaginé par l’atelier d’architecture et d’urbanisme Marjolin Boudry et Pierre Boudry, ce projet vise la construction de 45 logements locatifs sociaux et de 19 logements en Prêt social location-accession (PSLA) par Coopimmo. La résidence Harmonia proposera des logements de qualité, insérés dans un contexte paysager fortement végétalisé, et disposera d’une grande proximité avec les transports et autres infrastructures publiques.

La façade de cet ensemble de logements sera composée de béton blanc, matricé sur certaines parties. Elle mettra également en scène une alternance de poteaux et de ventelles. 4 plots de hauteurs variables formeront la superstructure du bâtiment, qui disposera d’un espace d’agriculture urbaine et de jardins à son pied. Des toitures végétalisées seront installées, certaines permettant une exploitation maraichère, d’autres servant de soutien à la biodiversité.

Ce projet immobilier en faveur de l’accession sociale à la propriété fait écho au protocole de partenariat signé en novembre dernier avec la municipalité d’Ivry-sur-Seine, aux côtés d’IDF Habitat. Cette démarche de transformation de l’office public d’habitat (OPH) d’Ivry en coopérative, nous permet de poursuivre notre partenariat avec la Commune d’Ivry sur Seine et de participer activement au développement d’une offre de logement abordable dans ce territoire particulièrement tendu.

Depuis cette signature, une nouvelle promesse de vente d’une opération a été conclue avec la SADEV 94, aménageur de la ZAC Ivry Confluences, en juin dernier. Obtenue grâce au concours de de la Ville d’Ivry-sur-Seine et de La Coop Foncière, la promesse de vente du terrain de l’ilot Avenir permet de prévoir la construction d’une nouvelle résidence proposant 110 logements locatifs sociaux pour IDF Habitat, 30 logements BRS par Coopimmo et près de 3.000m² de locaux d’activité divers dans les rez-de-chaussées actifs. Ce partenariat au long cours se développe encore puisqu’un nouveau terrain a été acquis grâce à La Coop Foncière, au coin des rues Flabet et Jean Trémoulet. Ce dernier accueillera une résidence de 16 logements, dotée de larges espaces végétalisés et de jardins et potagers partagés.

 

Zoom sur la résidence Petits Pêchers !

Le programme Petits Pêchers, 12 rue des Petits Pêchers à Montreuil, commence à voir le jour. Une construction en bois de 16 logements dans l’objectif d’affirmer toujours plus la volonté de rendre l’accession abordable en Ile-de-France.

L’ensemble de la structure bois est terminée depuis mi-mai et les menuiseries extérieures posées. Bientôt, le clos et couvert sera atteint à mi-juillet. Les travaux avancent très bien également à l’intérieur, 2 escaliers sur 3 ont été posés, la plâtrerie est avancée à 35 % et l’électricité et la plomberie à 25%.

Découvrez le time laps du programme Petits Pêchers !

Livraison des « Jardins de Lily » à Villiers sur Marne !

Le lundi 5 juillet et le mardi 6 juillet, COOPIMMO a pu livrer les 8 logements PSLA situés dans la Résidence des Jardins de Lily, rue du docteur Bring à Villiers sur Marne.

L’opération a été réalisée par Les Nouveaux Constructeurs et comprend en tout 52 logements collectifs dont:

-36 logements en accession libre
-8 logements en accession sociale –PSLA vendus par COOPIMMO
-8 logements en LLI (vendu par Plurial)

Bienvenue aux nouveaux acquéreurs de cette belle résidence !

Visite cloison Carré Colombe – Champigny sur Marne

Mercredi 6 juillet, COOPIMMO a pu faire visiter à ses futurs acquéreurs, la résidence Carré Colombe située Rue Colombe Hardelet à Champigny sur Marne.

La visite cloison est un moment convivial où les acquéreurs peuvent prendre le temps de découvrir leur logement au stade du cloisonnement. Cette visite permet notamment de prendre des mesures éventuelles pour le futur emménagement !

 

Coopimmo inaugure son Bureau de Vente à Grigny !

Le vendredi 13 mai, COOPIMMO a pu inaugurer son bureau de vente pour la commercialisation du programme SAKURA à Grigny.

Le bureau de vente situé sur l’Esplanade des grands hommes au sein de la rue St Exupéry peut désormais vous accueillir du jeudi au lundi de 14h00 à 19h00 et le samedi de 11h00 à 13h00 et de 14h00 à 19h00.

N’hésitez pas à découvrir notre programme SAKURA sur le lien suivant : https://sakura-grigny.fr/  ainsi que sur le présent site au sein de l’onglet « nos programmes ».

Opération Ruisseau à Montreuil – Le mot de l’architecte

Les architectes Milena Karanesheva et Matthieu Darcourt de l’agence Karawitz, vous expliquent les spécificités de leur expérience sur la résidence Ruisseau, un projet d’habitat participatif à Montreuil.

Comment le groupe d’habitant s’est structuré ?

[MK & MD] : Dans l’habitat participatif, contrairement à un projet classique, nous connaissons les futurs habitants dès le début de la construction, ils participent ainsi à la co-construction de leurs propres logements.

Ce type de projet peut être initié de différentes manières. Dans le cas de l’opération Ruisseau à Montreuil c’est Coopimmo qui est propriétaire du terrain et qui porte le projet. Coopimmo a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour constituer un groupe d’habitant qui se sont manifestés lors d’une journée de portes ouvertes.

 

Qu’est-ce que ce change dans son travail d’architecte ?

[MK & MD] : L’habitat participatif est une opportunité pour les habitants de se confronter à l’acte de construire et de s’interroger sur leur habitat. L’architecte doit donc, à l’inverse d’un projet résidentiel classique, ouvrir la discussion avec les habitants individuellement mais aussi en tant que groupe pour faire émerger en eux la question de l’habitat groupé, de l’économie de la construction, de l’écologie etc… Il y a donc beaucoup plus d’interaction et de réflexion, et l’architecte doit organiser des réunions et prévoir des sessions par thématiques pour cadrer les choix des habitants tout s’assurant le bon développement du projet avec l’équipe de MOE. Sa position change car il peut, avec les habitants, proposer à la MOA des solutions d’habitat plus innovantes au-delà d’un cahier des charges ou d’un bilan immobilier pré défini en adaptant le projet de construction aux volontés du groupe.

 

Quelles sont les grandes caractéristiques architecturales de l’opération ?

[MK & MD] : La parcelle étroite et en longueur est très contrainte : PLU exigeant, dénivelé, proximité du voisinage… Le projet prévoit de reprendre les volumétries avoisinantes pour une meilleure cohérence à l’échelle urbaine : un volume en retrait côté rue du Ruisseau et la création d’une venelle piétonne sur la limite Est en réponse aux jardins voisins pour distribuer les logements. Enfin nous avons tenté de répondre au mieux aux exigences des habitants en termes d’orientation, type de logement (simplex, duplex, triplex), type d’espaces extérieurs, espaces communs… et il en résulte une imbrication complexe dans une enveloppe contrainte par les règles d’urbanisme.

 

Quels sont les impacts de l’habitat participatif sur les villes, selon vous ?

[MK & MD] : L’habitat participatif est une manière de concevoir des programmes en amenant de la mixité et de l’hétérogénéité notamment générationnelle dans les villes.

En associant l’habitat participatif à l’accession sociale nous permettons à certaine personnes d’accéder à la propriété dans des zones où ils auraient eu du mal à le faire. De plus en participant à la construction de leurs logements, ils sont de fait plus sensibilisés et investis  dans l’entretien quotidien de leur résidence.

L’habitat participatif, c’est beaucoup d’enthousiasme et d’engagement !